Il mirto e la rosa | Annie Messina ~ Gamîla Ghâli

In Oriente tutti apprezzano un buon racconto ; e questo prometteva bene. [p. 15]
CE ROMAN orientalisant, tout comme le récit du vendeur d’esclaves, me paraissait très prometteur : un texte publié sous pseudonyme (afin de ne pas se placer dans la lignée de Maria Messina, la célèbre tante de l’auteure, et de faire ses preuves par soi-même), qui a su tromper plusieurs lecteurs en se faisant passer pour une traduction ancienne, narrant une histoire d’amour « absolu et total, de notre temps et de tous temps », une union de la virilité (le myrte) et de la jeunesse (la rose).

Placé dans la lignée des Mille et une nuits, Il mirto e la rosa en reconstitue fort bien l’ambiance, au gré des aventures mettant à l’épreuve l’amour des deux amants (tournois sportifs et conflits territoriaux, notamment). L’environnement seigneurial est fidèle à celui attendu (un riche palais, un harem gardé par un eunuque), mais apparaît en arrière-plan et ne semble pas intervenir véritablement dans l’intrigue. Ce rôle est plutôt dévolu aux « méchants », qui s’inscrivent parfaitement dans l’héritage des contes : peu développés d’un point de vue psychologique, ils sont motivés par la jalousie, l’envie et la cruauté. Les deux protagonistes principaux, qu’on pourrait considérer comme les « gentils », apparaissent en revanche plus humains et complexes. Hanté par son passé et en proie au désir, le seigneur Hâmid n’est pas toujours aussi exemplaire qu’il ne le devrait.

La contrepartie de cette inspiration tirée des contes a été que l’histoire d’amour tant vantée par l’éditeur et pour laquelle j’ai lu ce roman ne m’a jamais convaincue. L’auteure avait beau répéter que « bastava guardarli per sentire la forza del sentimento che gli univa. » [p. 70], je n’ai quant à moi jamais lu cet amour, qui manquait cruellement de gestes et d’expression, excepté dans quelques scènes plus intenses. Cette fadeur était également associée à une ambigüité des sentiments liées au statut social des deux amants : un seigneur et son jeune esclave, hissé au rang de prince pour l’entourage du premier, mais toujours soumis dans l’intimité. Tandis que l’amour du jeune homme tient de l’adoration, voire de la vénération, celui d’Hâmid semble relever du désir sexuel et de possession. Tout au long du texte, ce personnage censé représenter la virilité m’est apparu comme un enfant gâté fier de son jouet ou un collectionneur jaloux de sa trouvaille si précieuse.

Un roman d’aventures plutôt que d’amour.

NOTE | IN ITALIANO : à l’exception de quelques mots moins courants (comme schiavo – esclave), souvent liés au contexte oriental, la lecture de ce roman m’a paru aisée, et la langue italienne ne pas présenter de traits dialectaux particuliers.

Le myrte et la rose - Annie Messina

Il mirto e la rosa d’Annie Messina (Gamîla Ghâli)

Sellerio editore (Palermo) – 2008 (20e édition)

1re publication (Sellerio editore) : 1982
1re traduction française (Viviane Hamy) : 1992 / également publié dans la collection de poche bis

2 commentaires:

  1. Effectivement, ça ne fait pas envie. J'espère que ça ne te fâchera pas avec la langue italienne et que tu auras envie de retenter l'expérience.

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    1. Disons que ce n'était pas ce que j'attendais. Je ne me fâche pas pour autant avec la langue italienne, j'ai encore des réserves dans ma PAL, et c'est une façon pour moi d'essayer de ne pas perdre mes acquis linguistiques.

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